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La Métropole de Lyon, pionnière dans l'ouverture des données : retour d'expérience

Pionnière de l’ouverture des données publiques, la Métropole de Lyon s’engage depuis plus de treize ans en faveur de la transparence de nos politiques publiques. À travers son portail data.grandLyon.com, la Métropole publie ses données au service de l’intérêt général et contribue à la création de communs numériques.
Pour mieux comprendre les enjeux et les méthodes de cette démarche d’ouverture, nous avons échangé avec Laurence Martinez, ingénieure méthode et qualité des données à la Métropole de Lyon. 
 
 

Dès 2013, la Métropole de Lyon lançait une plateforme de diffusion des données,
quatre ans avant l’inscription de l’open data dans la loi. Qu’est-ce qui a motivé la Métropole à initier ce sujet ?

Dès l’origine, la volonté d’ouverture du Grand Lyon est poussée par plusieurs objectifs complémentaires. Il s’agit tout d’abord de se conformer à la Directive européenne Inspire, dont l’ambition est d’établir une infrastructure d’information géographique dans l’Union Européenne, au service des politiques environnementales et des actions publiques ayant un impact sur l’environnement. Cette démarche s’inscrit également dans une vision plus large portée par la Métropole de Lyon, en cohérence avec sa stratégie de « Ville intelligente ».

Au-delà du cadre réglementaire, l’ouverture des données doit permettre également de soutenir le développement économique. La donnée ainsi libérée devient un levier pour l’innovation et la création de valeur, grâce au croisement et à la réutilisation des données. Elle doit aussi permettre l’émergence de nouveaux services numériques, développés ou non par les pouvoirs publics, au bénéfice des partenaires et des particuliers.

Enfin, cette démarche a pour ambition d’encourager la participation citoyenne, en permettant aux citoyens de mieux comprendre l’action publique et d’interagir avec la puissance publique.

Cet engagement s’est concrétisé par la mise à disposition progressive d’un ensemble de données couvrant l’ensemble des domaines de compétence du Grand Lyon.

Par où avez-vous commencé concrètement pour publier les données ?

Dès 2011, la Métropole élaborait la plateforme technique data.grandlyon.com pour répondre aux obligations juridiques de la directive Inspire, en mettant à disposition des données géographiques.

Cette plateforme a par la suite été enrichie, notamment avec la mise en place d’une gouvernance et d’un cadre juridique adaptés à l’open data.

Les premières données ouvertes ont porté sur la mobilité. Les données des acteurs du territoire dans les domaines du stationnement, des transports en commun, des modes de déplacement doux, ont été centralisées sur la plateforme, enrichies et rediffusées dans les formats souhaités.

Treize ans plus tard, estimez-vous que la démarche d’ouverture des données de la Métropole de Lyon a rempli ses objectifs ?

A la Métropole de Lyon, les objectifs d’ouverture des données ont évolué en 13 ans. L’orientation politique a repositionné les priorités vers l’usager final et la transparence de l’action publique plutôt qu’en direction du développement économique et du concept de smart city.

Quant à l’objectif de faire émerger des services numériques grâce à l’ouverture des données, il a en effet permis des initiatives citoyennes comme Ecolyon qui vise à localiser tous les équipements publics environnementaux sur le terrain, ou Grands projets qui centralise les projets et actions (travaux, aménagements, mobilités, équipements) de la Métropole de Lyon et les donne à voir via une carte interactive simple.

Par ailleurs, des services de la Métropole de Lyon comme le site internet institutionnel grandlyon.com ou le portail officiel des services en ligne Toodego se sont progressivement alimentés en données depuis la plateforme data.grandlyon.com. Ils y trouvent l’avantage de disposer de données structurées et mises à jour, aux formats standards, à disponibilité permanente. 

Vous animez un groupe de travail, qui s’intitule « Open data des communes » : pouvez-vous nous en dire plus ?

Les communes créent, gèrent et utilisent des données, qu’il s’agisse de mesures ou d’observations. Toutes ces données reflètent les compétences de proximité que les communes exercent au service de la qualité de vie de leurs habitants.

Développer l’accès à ces données constitue un levier essentiel pour l’action publique locale, puisqu’il permet :
• D’accroitre la lisibilité, la transparence et l’efficacité de l’action publique,
• De garantir l’alimentation et la fiabilité des applications, sites internet et services d’intérêt général,
• D’accompagner les citoyens dans leur montée en compétence et en émancipation numériques

Dans ce contexte, le groupe de travail accompagne les collectivités dans l’ouverture des données, afin de leur donner l’opportunité de répondre aux obligations légales (loi pour une République numérique) comme au principe constitutionnel de redevabilité (Article XV de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen).

Comment sensibilisez-vous les élus à l’intérêt du partage des données ?

La loi pour une République numérique a permis de sensibiliser les élus à ces enjeux et de les inciter à mobiliser une ressource pour le projet. Parfois, on peut observer aussi un effet de stimulation entre territoires.

Par ailleurs, le 27 janvier 2025, le conseil de Métropole a adopté une Charte de la donnée territoriale qui repose sur des valeurs fondamentales d’éthique, de transparence et de coopération entre les acteurs du territoire. Son objectif est de promouvoir une culture partagée de la donnée, où chaque acteur (collectivités, institutions, entreprises, associations, et citoyens) peut contribuer à l’enrichissement et à l’exploitation des données dans un esprit de confiance mutuelle. Elle a déjà été signée par quelques communes.

Pourquoi, selon vous, les données de subventions aux associations ne sont pas partagées par toutes les collectivités ?

Les données des subventions aux associations sont souvent éclatées entre les différents services qui les attribuent. De ce fait, nous n’avons pas un mais plusieurs interlocuteurs à sensibiliser. Ce qui rend difficile une compilation de qualité, sans doublon, homogène, uniformément renseignée.

Par le biais des outils financiers, un export unique peut être possible. Là encore des consignes de saisie doivent avoir été données pour rendre les objets intelligibles et contextualisés, sans jargon ni acronymes .

Un travail long et minutieux de nettoyage des données, de structuration pour être conformes au standard, puis de validation des services financiers, est attendu avant l’ouverture.

Quels conseils donneriez-vous à des agents souhaitant initier une démarche d’ouverture des données ?

Il faut procéder par étape :

  • Obtenir un portage administratif ou politique avant de se lancer afin d’obtenir la légitimité nécessaire au projet.
  • Réunir les services compétents et examiner le schéma national ensemble.
  • Travailler avec les services informatiques pour mettre en place une requête.
  • Faire valider le résultat par les services financiers.
  • Informer les services des résultats obtenus, réutilisations connues, articles de presse sur le sujet ou statistiques éventuelles pour donner du sens à l’ouverture.

Au démarrage, il est important de demander ce portage administratif ou financier, puis de mobiliser un référent motivé et de mettre en place un planning de projet.

L’ouverture initiale est la plus longue étape. L’année n+1, la requête annuelle de l’obtention des données au bon format devrait être immédiate.

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